Selon l'Arcep seulement 27,9 % des abonnés à une offre de téléphonie mobile utilisent l'Internet mobile.
Gallery, un passage obligé et semé d'embûches
Internet mobile n’est pas suffisamment développé en France. Les trois opérateurs contrôlent en effet le service Gallery, à travers l'Association française du multimédia mobile (AFMM). Par l'intermédiaire d'une charte de parution imposée aux éditeurs, ils sélectionnent les sites présents, notamment pour la protection des utilisateurs.
Mais les éditeurs se plaignent des lourdeurs administratives liées à cette charte, chaque fois qu'ils proposent un site Wap ou i-mode aux opérateurs.
Les abonnés restent la propriété des opérateurs
Agences et annonceurs déplorent le fait de ne pouvoir obtenir les informations nécessaires pour déployer des campagnes de marketing mobile. Les opérateurs ne communiquent pas le numéro de leurs clients, mais un alias temporaire sur SMS+ en particulier. Cela ne favorise pas la constitution de bases opt-in qualifiées d'utilisateurs. Cela oblige les éditeurs à continuellement ré-acquerir les mêmes clients avec de la publicité généraliste, moins ciblée et donc moins efficace.
Au cœur des enjeux : les moyens d'accès au consommateur
La publicité semble être au cœur de la problématique du développement des services mobiles. Les opérateurs sont plutôt sceptiques sur cette question, soucieux de ne pas rebuter leurs abonnés.
De leur côté, les fournisseurs de services, annonceurs et agences en appellent à plus d'ouverture sur la publicité. Cela serait une étape importante vers le développement de services, en permettant l'émergence de nouveaux modèles économiques. Sur le portail Gallery, la commercialisation de publicités n'est pas autorisée. Aujourd’hui pour faire de la publicité sur mobile, il faut passer par le portail opérateur. Les budgets consacrés à la publicité sur mobile sont aujourd'hui limités, puisque les annonceurs interrogés par Benchmark Group indiquent un budget moyen de 11.500 euros par campagne.
Avec l'arrivée de moteurs de recherche sur mobile, la publicité sous forme de liens sponsorisés - moins intrusive que des bannières, par exemple - devrait toutefois se développer.
Les MVNO dans l'impossibilité de tirer le marché
Parallèlement aux difficultés rencontrées par les éditeurs de services et les annonceurs face aux trois opérateurs principaux, les opérateurs virtuels (MVNO), (40 % des ventes au troisième trimestre, selon l'Arcep), participent peu au développement du marché des services multimédias. Les opérateurs bradent la bande passante au grand public mais la vendent très cher aux MVNO.
Les signes d'ouverture et les pistes de coopération
Les opérateurs joueraient un rôle positif dans l'arrivée de nouveaux services sur le Wap ou l' i-mode, en conseillant les éditeurs. Ainsi, quand Meetic a voulu décliner son service de rencontre sur l'Internet mobile, l'entreprise a suivi les conseils des opérateurs pour proposer un tarif entre 2 et 4 euros, et non les 30 euros demandés sur le Web.
Les moteurs de recherche mobiles ont un rôle à jouer
D'une manière générale, les opérateurs semblent prêts à ouvrir les règles du jeu. "Nous savons que le rôle des portails d'opérateurs va diminuer", affirme Emmanuel Vacher, directeur des services multimédias mobiles d'Orange. Chez Bouygues, on explique avoir toujours été pour l'ouverture. "Dans notre portail, tous les éditeurs sont les bienvenus, affirme Laurent Herbillon. Il n'y a pas de présence exclusive." Autre signe du changement, des opérateurs se disent prêts à ouvrir Gallery à la publicité.
(Source Journal du Net)